Paris, le 22 août 2006.


Frédéric,

Tu nous a quitté si soudainement. La nouvelle de ta mort est si difficile à accepter. Tu me manques déjà terriblement.

Vient pour moi, l'heure de regrets. Celui d'avoir été trop distant depuis ces dernières années, celui de ne pas avoir pris soin de toi, celui d'avoir pensé que rien ne nous empêcherait de nous revoir de temps en temps, celui d'avoir été trop égoïste sûrement.


Nous nous étions rencontrés en mars 1997. Et quelle rencontre ! Je m'en souviendrais toute ma vie. Deux mois de vie "conjugale" truffées de rebondissements. Neuf ans après, je me souviens encore de tout, des bons et des moins bons moments. Jamais je ne pourrais oublier la soirée d'anniversaire que tu m'avais organisé. Pour la première fois, j'avais rencontré quelqu'un qui m'aimait. Pour la première fois, j'ai commencé à t'aimer. Et puis, comme à l'époque tout allait vite, trop vite, notre histoire s'est achevée. Nous sommes restés amis.

Je me souviens de mes soirées au Serpolet à faire la plonge pendant que tu faisais le cuistot. Je me souviens aussi de ces soirées qui n'en finissaient pas où l'alcool coulait à flot, des "Petits Ecoliers" dont je raffolais. Et puis, je me souviens de moments plus intimes, une fin d'après-midi d'été, sur une plage du Porge.

Et puis le hasard a voulu que nous quittions presque en même temps Bordeaux pour Paris. Grâce à toi, j'avais le sentiment d'être un peu moins seul dans cette ville. Et puis la vie a continué. Chacun de notre côté. Nos rencontres se sont espacées, nos coups de fil aussi. Nous avions nos hauts et nos bas, nos histoires.

La dernière fois que je t'ai vu, c'était en février dernier pour ton anniversaire. Tu n'avais pas changé. Un peu comme si le temps se figeait entre chacune de nos rencontres.


Ce soir, j'ai appris la nouvelle de ta mort.

Je pleure.

Tellement de choses me font penser à toi. Des objets qui t'appartenaient, des photographies de notre vie à deux. Et puis, il y a aussi cette rose, celle que j'avais gardé du bouquet de roses rouges que tu m'avais envoyé pour me dire que tu m'aimais.

Ce soir, une partie de moi s'en est allée. Ton souvenir m'obsède. Mon coeur me rappelle combien je tenais à toi.

Où que tu sois maintenant, prends bien soin de toi.

Je t'aime Frédéric.

Laurent.